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mardi 7 juillet 2026

Géopolitique : Pourquoi les pays de l’AES quittent la CPI et ce que cela change

 


Les pays de l’AES quittent la CPI. L’Alliance des États du Sahel (AES) vient de franchir un nouveau cap historique dans sa stratégie de rupture et de souveraineté. Après avoir officialisé leur départ de la CEDEAO, le Niger, le Mali et le Burkina Faso ont coup sur coup notifié leur retrait officiel de la Cour pénale internationale (CPI). Ce divorce collectif, annoncé initialement à l'automne 2025 et formalisé en ce début de juillet 2026, marque un tournant géopolitique majeur pour le continent africain et redessine les contours de la justice internationale.

Décryptage d'une rupture prévisible, entre souveraineté affirmée, subtilités juridiques et guerre des récits.

1. Ce que l'AES reproche à la CPI : Les motivations du divorce

Pour les dirigeants de l'AES — le général Abdourahamane Tiani (Niger), le général Assimi Goïta (Mali) et le capitaine Ibrahim Traoré (Burkina Faso) —, la CPI a cessé de remplir sa mission originelle. Dans les déclarations officielles, la juridiction de La Haye est qualifiée sans détour d'« instrument de répression néocoloniale » et de géométrie variable.

Les griefs des trois États reposent sur trois axes principaux :

  • Une justice perçue comme unilatérale : L'AES dénonce le fait que la Cour cible de manière disproportionnée le continent africain et ses dirigeants, tout en fermant les yeux sur les exactions commises par certaines puissances occidentales ou leurs alliés. C'est ce qu'ils qualifient d'« impunité internationale institutionnalisée ».

  • L’interférence dans la gestion sécuritaire : Confrontés à une crise asymétrique et au terrorisme, le Mali, le Burkina Faso et le Niger estiment que les enquêtes internationales constituent des freins ou des pressions politiques visant à affaiblir leurs armées nationales (les FAMa, les VDP et les forces nigériennes) en pleine guerre de libération.

  • La reconquête de la souveraineté judiciaire : Dans la logique de l'AES, un État souverain doit être le seul maître des poursuites sur son territoire. S'en remettre à une cour extérieure est perçu comme une forme d'aliénation politique.

2. Les effets juridiques du retrait : Une transition sous haute tension

Sur le plan du droit international, ce départ simultané obéit aux règles strictes du Statut de Rome (le traité fondateur de la CPI), notamment son article 127.

MécanismeRègle du Statut de Rome (Art. 127)Réalité pour l'AES
Le délai de prise d'effetLe retrait ne devient effectif qu'un an après la notification écrite officielle reçue par le Secrétaire général de l'ONU.Les trois États restent juridiquement liés à la Cour durant cette période de transition de 12 mois.
Les affaires en coursLe retrait n’efface pas les procédures ou les mandats d'arrêt déjà engagés pour des crimes commis avant la date d'effet du retrait.Les dossiers concernant le Mali (notamment les affaires liées à Tombouctou ou le mandat contre Iyad Ag Ghaly) restent théoriquement valides aux yeux de La Haye.
La CoopérationL'obligation de coopérer avec la Cour persiste jusqu'à la fin du délai d'un an.En pratique, la coopération s'annonce d'ores et déjà quasi-nulle, bloquant l'exécution des procédures sur le terrain.

3. Le prisme de l'AES et le sentiment panafricain

Pour comprendre la résonance de cette décision, il faut la placer dans le contexte plus large de la guerre des récits en Afrique.

Paradoxalement, les États africains avaient massivement soutenu la création de la CPI en 1998, constituant à l'époque le plus grand bloc de ratifications. Le Mali avait même été l'un des premiers à saisir volontairement la Cour en 2012. Mais en 27 ans, le désenchantement a pris le dessus.

Du point de vue du panafricanisme de rupture défendu par l'AES et soutenu par une large partie de la jeunesse sur les réseaux sociaux, ce départ est perçu comme un acte de courage politique. Le signal envoyé est clair : l'Afrique doit développer ses propres mécanismes de justice et de règlement des conflits. Cette décision réduit mécaniquement le poids du bloc africain au sein de l'Assemblée des États parties de la CPI (qui passe de 33 à 30 membres), mais elle renforce la cohésion idéologique de l'AES.

Conclusion et décryptage : Un monde multipolaire en marche

L’appel récent de la CPI demandant au Burkina Faso, au Mali et au Niger de « renoncer à leur retrait » a peu de chances d'aboutir. Ce divorce montre que l'ordre mondial hérité de l'après-guerre s'effrite un peu plus chaque jour.

En quittant la CPI, l'AES s'isole certes des institutions judiciaires occidentales, mais elle s'aligne stratégiquement sur des puissances mondiales majeures comme la Russie, la Chine ou les États-Unis, qui n'ont jamais reconnu ou ratifié le Statut de Rome. C'est la preuve par les faits que le Sahel n'attend plus l'aval des organisations internationales pour dicter sa propre feuille de route. La lutte contre l'impunité devra désormais se conjuguer au présent, mais selon les règles édictées à Bamako, Ouagadougou et Niamey.

vendredi 21 novembre 2025

Cameroun : Anicet Ékanè et Djeukam Tchameni aux arrêts

 Des perquisitions seraient en cours dans les domiciles d’Anicet Ékanè et Djeukam Tchameni . Selon certaines informations qui restent à être confirmées, il a été trouvé chez chacun d’eux, de PV non remplis mais cachetés, des PV d’Elecam, des chasubles de mototaxi, de fortes sommes d’argent et de bien plus encore.

Ces deux (02) soutiens du neo opposant Issa Tchiroma, dont tout donne malheureux candidat à la présidentielle du 12 octobre, risquent gros, voire des grosses périodes de privation de liberté pour tentative de déstabilisation, de perturbation de l’ordre public, de possession illégale de matériels électoraux, et la mise à l’épreuve de la cohésion nationale si tout cela est vérifié. (Info à confirmer).


lundi 11 mars 2024

Date du procès Martinez Zogo – noms inculpés, charges retenues

 

Journaliste Martinez Zogo assassiné

La date du procès Martinez Zogo n’est pas encore connue mais déjà, ils sont 17 individus à avoir des « charges suffisantes retenues » contre eux, à présent que la justice annonce la fin des enquêtes selon une note signée par le juge d’instruction Pierrot Narcisse Nzie. Dans sa note, le magistrat militaire maintient les chefs d’inculpation retenus contre Amougou Belinga, PDG du groupe l’anecdote, Maxime Eko Eko, l’ancien directeur de la Direction générale de la Recherche extérieure (DGRE) et sur 15 autres individus.

Le juge a procédé à la reclassification des charges contre le Lieutenant-colonel Justin Danwe, ancien directeur des opérations de la DGRE et Martin Stéphane Savom, maire en fonction de la commune de Bibey dans la Haute-Sanaga, région du Centre, par « complicité d’assassinat ». En somme, 17 personnes ont des « charges suffisantes » contre elles et attendent la date du procès Martinez Zogo, dont certaines depuis plus d’un an en cellule, soit pour assassinat, soit pour complicité d’assassinat, soit encore pour complicité d’enlèvement ou de torture (les cas de Amougou Belinga, Maxime Eko Eko).

Date du procès Martinez Zogo attendue

Pour ce dernier motif, Charles Tchoungang, avocat du PDG du Groupe L’Anecdote a déclaré que son client .« est renvoyé devant le tribunal pour un motif inventé : complicité de torture ». La date du procès n’est pas encore connue. La fin de l’enquête intervient treize mois après le meurtre du journaliste et chef de chaîne d’Amplitude FM, Martinez Zogo qui avait 50 ans. Pour rappel, Enlevé le 17 janvier, le corps en état de putréfaction du journaliste a été retrouvé le 22 janvier 2023 dans une banlieue de Yaoundé.

Très rapidement ont été cités des noms de personnalités influentes de la société camerounaise, dont celui de Amougou Belinga, propriétaire de nombreux groupes d’entreprises dans les domaines de la banque, des finances, de l’assurance, de l’immobilier et des médias, celui de Maxime Eko Eko et de Justin Danwe. Les Camerounais demandent à présent que la date du procès Martinez Zogo soit communiquée et que la suite de cette affaire se déroule dans l’intérêt de la justice, pour la famille du journaliste et pour le journaliste disparu. (LIRE AUSSI : Santé de Issa Hayatou hospitalisé à Paris, bilan et dernières infos).

mardi 5 mars 2024

Samuel Eto’o s'exprime sur la retraite internationale de Karl Toko-Ekambi

Samuel Eto'o Fils Président de la Fécafoot Cameroun


Samuel Eto’o, président de la Fédération camerounaise de football et ancien capitaine des Lions indomptables, s'exprime sur la retraite internationale de Karl Toko-Ekambi. L’international camerounais a décidé de prendre sa retraite internationale. En clair, le joueur a décidé après la cuisante débâcle du Cameroun à la 34ème Coupe d’Afrique des Nations de Football qui se déroule actuellement en Côte d’Ivoire, de ne plus continuer avec la sélection nationale. De se concentrer au club. Actuellement il joue en Arabie Saoudite. Voici ce qu’en pense Samuel Eto’o à ce sujet.

“Très cher karl, Tu as décidé de prendre ta retraite internationale à 31ans après avoir tout donné pour le plus beau pays du monde. Merci de nous avoir permis de rêver, Merci pour ton leadership, Merci d’avoir orienté les plus jeunes, Merci d’avoir aidé le sélectionneur à construire un groupe au delà des individualités. Bonne continuation Champion 🙏🏿🇨🇲🇨🇲🇨🇲🇨🇲 @karltokoekambi @fecafootofficiel”. (LIRE AUSSI : Côte d’Ivoire vs Sénégal : les Éléphants égalisent et jouent la prolongation) 

dimanche 27 novembre 2022

Mali : le premier ministre Chogel Maïga reprend du service et remercie le peuple

Premier ministre malien Chogel Kokalla


Le Premier ministre malien, Monsieur Chogel Kokalla Maïga a regagné ses bureaux après une longue convalescence au cours de laquelle le Ministre de l’administration territoriale lui a servi d’intérimaire. Annoncé mort plus d’une fois, l’absence de cette forte personnalité du combat pour la souveraineté totale du peuple malien, a fait dire à certaines personnes qu’il serait atteint d’une maladie qui ne lui permettra plus de se relever. 

Sûrement qu’ils le disaient en pensant à ces nombreux fils et filles africains zigouillés par les Occidentaux en parlant de liberté, égalité et de justice en buvant une tasse de café ou en sirotant un chocolat chaud. Le retour du Premier ministre inaugure donc une nouvelle ère dans les luttes panafricanistes, avec sûrement un changement de la méthode de combattre, et avec des objectifs biens reprécisés

Message du premier ministre Chogel Kokalla Maïga

Pour son retour au combat, et à la gestion des affaires de l’Etat malien, le Premier ministre Chogel Kokalla Maïga à adressé ce 25 novembre à son peuple, et donc indirectement aux Africains et à ses contradicteurs, un message de remerciements qui pourrait tout aussi être une mise au point sur sa longue absence au premier plan de la gestion de la cité et de la lutte panafricaniste.

mardi 22 novembre 2022

Francophonie : l'OIF en détresse, Emmanuel Macron appelle secours au sein de l'espace

Président Emmanuel Macron
Emmanuel Macron, Président de la république française


Selon plusieurs analystes, la Francophonie est en très grande perte de vitesse, en recul et disparition. Pour son cinquantenaire, après deux reports successifs, le 18e sommet de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) s'est tenu à Djerba en Tunisie. Si promouvoir la langue et les valeurs françaises sont ses objectifs premiers, la question des échanges économiques et sécuritaires sont de plus en plus au cœur de ses débats.


Mais un constat revient depuis plusieurs années maintenant : la promotion de la langue française est devenue difficile. Aucun pays n'en veut plus. Et les valeurs de la France tant mises en avant par ses gouvernements successifs, poussent à la réflexion puis à la méfiance. Aucune société n'en croit guère. Et ce n'est pas le Président de la France, Emmanuel Macron qui a prôné à Djerba une "Francophonie d'action" loin du "ronron des sommets" qui démentirait ce que tout le monde à compris.

La Francophonie dans un coma
L'autre instrument d'influence et de puissance, voire de pression de la France contre les États plus faibles qu'elle économiquement, militairement ou en rayonnement international, diplomatiquement, est affaibli depuis que les Africains, la très grande portion de cet espace, expriment de graves désaccords envers elle. Mais tout compte fait, c'en est fait, la Francophonie est dans un coma qui n'est pas prêt de s'arrêter.

Réunis le 19 novembre, à l'île de Djerba en Tunisie, 88 pays, associés ou observateurs, ont confirmé que cet espace francophone a perdu "son influence dans un monde" sous le signe du verseau. Beaucoup plus depuis la naissance de nombreuses tensions entre les pays dits francophones d'Afrique et la France, leur ancien colon et tortionnaire. Louise Mishikiwabo, secrétaire générale de cet espace, ancienne ministre des affaires étrangères du Rwanda le sait.

Survivre
Elle sait que malgré son obligation de montrer l'OIF sous son beau visage, que son pays fut l'un des premiers en Afrique à ne plus y croire et à sortir le français de ses langues officielles. Le seul trait d'union qui resterait entre États, de et dans, cet espace, est économique. Le volet sécuritaire dans sa profondeur commence juste à y naitre, l'actualité au Sahel et en Europe de l’Est aidant.

C'est peut-être aussi pour cela que Kaïs Saïed, Président de la Tunisie depuis juillet 2021, a émis le souhait de voir la réunion apporter des "résultats tangibles et effectifs" face "aux bouleversements que connaît le monde". Sinon ce sera chaque fois une belle et dangereuse occasion de rencontres, pour boire du champagne, ceci d'autant plus que la langue française a cessé d'être un référent de domination pour plusieurs pays de la Francophonie.

Noyée dans la guerre entre puissances
Parce qu'elle se présente finalement en instrument de propagande et de contrôle, voire d'exploitation et d'escroqueries politico-culturelles contre d'autres Etats-membres par la France, beaucoup ont même déjà émis leur volonté d'abandonner cet élément de soumission ou de lui adjoindre une langue nationale. Difficile pour cet espace de survivre sereinement dans la guerre d'influence qui se joue actuellement en Afrique entre Russie, Chine, États-Unis, Inde, Africains et Européens.