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| Le 38è étage de l'immeuble des Nations Unis est réservé au Secrétariat Général de l'ONU |
Au 1er janvier 2027, António Guterres passera le relais au 38e étage du siège de l'ONU à New York. Tour d'horizon des figures clés bien placées pour lui succéder.
À compter du 1er janvier 2027, une nouvelle personne sera aux commandes au 38e étage du Siège des Nations Unies à New York. Après dix ans de service et avoir accompli le maximum autorisé de deux mandats, le Portugais António Guterres quittera ses fonctions. Dans un monde fracturé par les crises géopolitiques, les guerres par procuration et les tensions entre blocs d'influence, le choix du neuvième Secrétaire général des Nations Unies (SGONU) s'annonce hautement stratégique.
Deux règles non écrites planent sur cette élection : la tradition d'une rotation géographique (l'Amérique latine n'a plus occupé le poste depuis Javier Pérez de Cuéllar en 1991, tandis que l'Afrique l'a occupé avec Kofi Annan) et la pression croissante de la communauté internationale pour élire, enfin, la première femme de l'histoire à la tête de l'organisation.
Voici l'analyse des forces en présence parmi les prétendants les plus sérieux.
1. Michelle Bachelet (Chili) — La stature d'État et l'expérience onusienne
Ancienne présidente du Chili (à deux reprises) et ex-Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Michelle Bachelet possède une feuille de route diplomatique impressionnante.
- Ses atouts : Elle coche deux cases majeures soutenues par de nombreuses chancelleries : être une femme et représenter l'Amérique latine. Son autorité morale et son passé à la tête d'ONU Femmes en font une candidate naturelle.
- Le défi : Sa fermeté passée sur les droits de l'homme pourrait susciter des réticences ou un veto de la part de certaines grandes puissances du Conseil de sécurité (notamment la Chine ou la Russie).
2. Rafael Grossi (Argentine) — Le diplomate du feu nucléaire
Actuel Directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi est devenu l'un des visages les plus visibles de la diplomatie mondiale, en première ligne face aux crises nucléaires en Ukraine et en Iran.
- Ses atouts : Également originaire d'Amérique latine, il a prouvé sa capacité à négocier directement au plus haut niveau avec Moscou, Washington, Pékin et Téhéran. Son pragmatisme et son profil technique plaisent aux membres permanents du Conseil de sécurité.
- Le défi : Son statut d'homme et son ancrage très centré sur les questions sécuritaires et atomiques pourraient freiner ceux qui privilégient une candidature féminine ou axée sur le développement global.
3. Rebeca Grynspan (Costa Rica) — L'experte de l'économie mondiale et du Sud global
Économiste reconnue, ancienne vice-présidente du Costa Rica et actuelle Secrétaire générale de la CNUCED (Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement), Rebeca Grynspan bénéficie d'un immense respect au sein du système onusien.
- Ses atouts : Elle réunit la double attente d'une candidature féminine et latino-américaine. Très appréciée par les pays du Sud global pour son engagement sur la sécurité alimentaire et le financement du développement, elle offre un profil de consensus idéal pour surmonter les veto.
- Le défi : Une notoriété auprès du grand public plus modeste que celle de dirigeants politiques de premier plan, bien que son réseau diplomatique soit extrêmement solide.
4. Macky Sall (Sénégal) — La voix de la souveraineté et du multilatéralisme africain
Ancien président du Sénégal et ex-président en exercice de l'Union Africaine, Macky Sall s'est imposé comme une figure continentale majeure, ayant notamment œuvré pour l'intégration de l'Union Africaine au sein du G20.
- Ses atouts : Sa maîtrise des équilibres diplomatiques entre l'Occident, la Russie et la Chine, ainsi que son expérience à la tête d'un État clé de la diplomatie ouest-africaine. Il incarne un multilatéralisme décomplexé qui prône une réforme en profondeur des institutions financières et politiques mondiales.
- Le défi : La règle informelle de rotation géographique : l'Afrique ayant précédé l'Europe avec Boutros Boutros-Ghali et Kofi Annan, la priorité régionale pourrait théoriquement revenir à l'Amérique latine ou à l'Europe de l'Est.
Un choix sous la coupe du Conseil de Sécurité
Rappelons que le processus reste verrouillé par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (États-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni), chacun disposant d'un droit de veto. Le candidat retenu sera ensuite recommandé à l'Assemblée générale pour un vote de confirmation au cours de l'année 2026.
Dans un monde en pleine recomposition géopolitique, le profil du successeur d'António Guterres sera un indicateur majeur du rapport de force entre les grandes puissances et le Sud global.






