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| Clément Atangana, président du Conseil constitutionnel camerounais |
C’est une page majeure de l'histoire politico-judiciaire du Cameroun qui se tourne. Clément Atangana, le tout premier président du Conseil constitutionnel, s’est éteint ce dimanche 4 octobre 2026 à l’âge de 85 ans à l’Hôpital américain de Paris, en France, des suites d'une évacuation sanitaire. Figure centrale et clivante de l’architecture institutionnelle du pays, sa disparition relance d’intenses interrogations sur l’avenir de l’institution et son influence décisive sur les grands tournants électoraux.
Une carrière au cœur de l'appareil d'État
Né le 20 décembre 1941 à Ekoumeyeck (Ngomedzap), Clément Atangana a consacré plus d'un demi-siècle de sa vie à la magistrature camerounaise. Magistrat hors hiérarchie, il a gravi les échelons de la République en occupant des postes clés :
Président de la Cour d'appel de Yaoundé
Conseiller puis président de la Chambre administrative de la Cour suprême
Président de la Commission nationale de recensement général des votes dès 1997
En février 2018, il est choisi par le chef de l'État pour présider le nouveau Conseil constitutionnel, l'organe suprême chargé de veiller à la régularité des élections présidentielles, législatives et de proclamer les résultats officiels.
Son influence dans le processus électoral : L'homme des "irrecevables"
Sous sa magistrature, le Conseil constitutionnel est devenu le centre névralgique des crispations politiques au Cameroun.
Le verrouillage des contentieux : Clément Atangana restera dans les mémoires comme le visage des grands contentieux post-électoraux, notamment lors de l'élection présidentielle de 2018.
Le symbole du rejet : C'est sous sa gouvernance que le mot « irrecevable » est entré de plein pied dans le lexique politique quotidien du pays. Les multiples recours déposés par l'opposition pour contester les fraudes ou demander l'annulation de scrutins ont systématiquement été rejetés par la haute juridiction.
Pour ses partisans, il incarnait le « serviteur rigoureux de l'État » s'en tenant strictement au droit positif camerounais. Pour ses détracteurs et une large frange de l'opposition, il symbolisait au contraire le verrou institutionnel empêchant toute alternance démocratique.
Quel avenir et qui pour le remplacer à la tête du Conseil constitutionnel ?
La disparition de Clément Atangana laisse un vide institutionnel critique, intervenant dans un contexte politique national particulièrement sensible.
Selon la loi portant organisation et fonctionnement du Conseil constitutionnel, en cas de vacance de la présidence par décès ou empêchement définitif, le président de la République doit procéder à la désignation d'un nouveau président pour achever ou renouveler le cycle de direction.
La succession s'annonce stratégique. Le nom du futur président sera scruté de près par la classe politique et la société civile, car il donnera le ton de la crédibilité institutionnelle pour les prochaines échéances électorales majeures du pays.
Qu'avez-vous pensé de la gestion des contentieux électoraux sous l'ère Clément Atangana ? Laissez votre avis en commentaire ci-dessous !





