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| Mahamat Idriss Déby Itno, Président de la République du Tchad - Retrait de la CPI |
Accusant la Cour pénale internationale de sélectivité et de « justice à géométrie variable », N’Djamena annonce officiellement son départ de la juridiction de La Haye.
1. Les griefs de N'Djamena : une justice « sélective et focalisée sur l'Afrique »
Pour justifier sa démarche, le gouvernement tchadien s'appuie sur un examen approfondi du bilan de la CPI depuis son entrée en vigueur en 2002. Dans un communiqué officiel, les autorités dénoncent une efficacité « limitée, incohérente et à géométrie variable ».
Le constat dressé par le pouvoir tchadien repose sur des chiffres précis de la Cour :
Une concentration géographique jugée disproportionnée : Sur 13 situations faisant l'objet d'enquêtes à la CPI, 9 concernent des pays africains.
La situation des détenus : Sur les personnes actuellement détenues au centre de détention de La Haye, la quasi-totalité poursuivie l'est dans le cadre d'affaires liées à des situations du continent africain.
« Ces statistiques montrent clairement une sélectivité incontestable, devenue une pratique établie au sein de la Cour », estime le ministère des Affaires étrangères du Tchad.
2. Pression américaine et contexte géopolitique régional
Ce retrait intervient également dans un contexte diplomatique et sécuritaire particulièrement complexe.
L'influence des échanges avec Washington : La décision a été précédée d'un échange direct entre N'Djamena et le sous-secrétaire d'État américain chargé des Affaires africaines, au cours duquel les États-Unis ont exprimé leurs propres préoccupation sur le fonctionnement de la CPI.
Les tensions autour de la crise au Soudan : Cette annonce intervient alors que le Tchad fait face à des pressions et à des accusations d'organisations non gouvernementales concernant sa position et son rôle présumé dans la crise sécuritaire au Soudan voisin.
3. Le plaidoyer pour des mécanismes judiciaires continentaux
Tout en actant sa rupture avec la juridiction de La Haye, N’Djamena réaffirme son attachement à la lutte contre l'impunité et au respect des droits humains.
Le gouvernement tchadien appelle l'Union africaine et ses États membres à accélérer l'opérationnalisation des juridictions africaines. L'objectif affiché est de privilégier des mécanismes de justice de proximité, ancrés dans les réalités continentales et garantissant la souveraineté judiciaire des États.
Quel impact pour la CPI en Afrique ?
Conformément à l'article 127 du Statut de Rome, le retrait prendra effet un an après la réception officielle de la notification par le Secrétaire général de l'ONU.
Ce nouveau départ affaiblit l'universalité de la Cour au Sahel et relance plus que jamais le débat sur les réformes profondes requises au sein de la justice internationale pour regagner la confiance des pays du Sud global.
