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lundi 27 juillet 2026

SUCCESSION À L’ONU : QUI SERA LE PROCHAIN SÉCRÉTAIRE GÉNÉRAL EN 2027 ?

Le 38è étage de l'immeuble des Nations Unis est réservé au Secrétariat Général de l'ONU

Au 1er janvier 2027, António Guterres passera le relais au 38e étage du siège de l'ONU à New York. Tour d'horizon des figures clés bien placées pour lui succéder.


À compter du 1er janvier 2027, une nouvelle personne sera aux commandes au 38e étage du Siège des Nations Unies à New York. Après dix ans de service et avoir accompli le maximum autorisé de deux mandats, le Portugais António Guterres quittera ses fonctions. Dans un monde fracturé par les crises géopolitiques, les guerres par procuration et les tensions entre blocs d'influence, le choix du neuvième Secrétaire général des Nations Unies (SGONU) s'annonce hautement stratégique.

Deux règles non écrites planent sur cette élection : la tradition d'une rotation géographique (l'Amérique latine n'a plus occupé le poste depuis Javier Pérez de Cuéllar en 1991, tandis que l'Afrique l'a occupé avec Kofi Annan) et la pression croissante de la communauté internationale pour élire, enfin, la première femme de l'histoire à la tête de l'organisation.

Voici l'analyse des forces en présence parmi les prétendants les plus sérieux.

1. Michelle Bachelet (Chili) — La stature d'État et l'expérience onusienne

Ancienne présidente du Chili (à deux reprises) et ex-Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Michelle Bachelet possède une feuille de route diplomatique impressionnante.

  • Ses atouts : Elle coche deux cases majeures soutenues par de nombreuses chancelleries : être une femme et représenter l'Amérique latine. Son autorité morale et son passé à la tête d'ONU Femmes en font une candidate naturelle.
  • Le défi : Sa fermeté passée sur les droits de l'homme pourrait susciter des réticences ou un veto de la part de certaines grandes puissances du Conseil de sécurité (notamment la Chine ou la Russie).

2. Rafael Grossi (Argentine) — Le diplomate du feu nucléaire

Actuel Directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi est devenu l'un des visages les plus visibles de la diplomatie mondiale, en première ligne face aux crises nucléaires en Ukraine et en Iran.

  • Ses atouts : Également originaire d'Amérique latine, il a prouvé sa capacité à négocier directement au plus haut niveau avec Moscou, Washington, Pékin et Téhéran. Son pragmatisme et son profil technique plaisent aux membres permanents du Conseil de sécurité.
  • Le défi : Son statut d'homme et son ancrage très centré sur les questions sécuritaires et atomiques pourraient freiner ceux qui privilégient une candidature féminine ou axée sur le développement global.

3. Rebeca Grynspan (Costa Rica) — L'experte de l'économie mondiale et du Sud global

Économiste reconnue, ancienne vice-présidente du Costa Rica et actuelle Secrétaire générale de la CNUCED (Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement), Rebeca Grynspan bénéficie d'un immense respect au sein du système onusien.

  • Ses atouts : Elle réunit la double attente d'une candidature féminine et latino-américaine. Très appréciée par les pays du Sud global pour son engagement sur la sécurité alimentaire et le financement du développement, elle offre un profil de consensus idéal pour surmonter les veto.
  • Le défi : Une notoriété auprès du grand public plus modeste que celle de dirigeants politiques de premier plan, bien que son réseau diplomatique soit extrêmement solide.

4. Macky Sall (Sénégal) — La voix de la souveraineté et du multilatéralisme africain

Ancien président du Sénégal et ex-président en exercice de l'Union Africaine, Macky Sall s'est imposé comme une figure continentale majeure, ayant notamment œuvré pour l'intégration de l'Union Africaine au sein du G20.

  • Ses atouts : Sa maîtrise des équilibres diplomatiques entre l'Occident, la Russie et la Chine, ainsi que son expérience à la tête d'un État clé de la diplomatie ouest-africaine. Il incarne un multilatéralisme décomplexé qui prône une réforme en profondeur des institutions financières et politiques mondiales.
  • Le défi : La règle informelle de rotation géographique : l'Afrique ayant précédé l'Europe avec Boutros Boutros-Ghali et Kofi Annan, la priorité régionale pourrait théoriquement revenir à l'Amérique latine ou à l'Europe de l'Est.

Un choix sous la coupe du Conseil de Sécurité

Rappelons que le processus reste verrouillé par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (États-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni), chacun disposant d'un droit de veto. Le candidat retenu sera ensuite recommandé à l'Assemblée générale pour un vote de confirmation au cours de l'année 2026.

Dans un monde en pleine recomposition géopolitique, le profil du successeur d'António Guterres sera un indicateur majeur du rapport de force entre les grandes puissances et le Sud global.

dimanche 26 juillet 2026

MOYEN-ORIENT : L’ENGRENAGE REDOUTÉ

Cartographie géopolitique des forces et des zones d'influence autour du détroit de Bab el-Mandeb

Le blocus des Houthis et l’attaque de pétroliers saoudiens en mer Rouge ouvrent un nouveau front régional et menacent l’économie mondiale.


1. L’étincelle en mer Rouge : L'attaque des deux pétroliers

L'annonce d'un blocus maritime décrété par les rebelles houthis du Yémen contre l'Arabie saoudite est immédiatement passée de la menace verbale aux actes. La frappe ciblée contre deux pétroliers saoudiens (Encelia et Layla) traversant la mer Rouge marque une escalade militaire majeure.



Ce qu'il faut retenir :
  • L'objectif des Houthis : Asphyxier le trafic maritime vers les ports de la côte ouest saoudienne (notamment Yanbu et Jizan), en riposte à ce qu'ils qualifient de « siège » imposé au Yémen.
  • L'effet immédiat : Des déroutes massives de navires de commerce contraints de faire demi-tour et la reprise immédiate des frappes de la coalition menée par Riyad contre des infrastructures rebelles à Hodeida.

2. La tenaille des détroits : Hormuz et Bab el-Mandeb sous verrou

Jusqu'alors, l'Arabie saoudite comptait sur ses oléoducs transversaux pour contourner le détroit d'Hormuz (verrouillé par l'Iran) et acheminer son brut vers la mer Rouge. L'ouverture de ce front par les rebelles yéménites, alliés de Téhéran, vient paralyser cette voie de secours.

                 [ DÉTROIT D'HORMUZ ] 
              (Bloqué / Sous tension)
                         │
                         ▼
        Oléoducs Saoudiens vers la Mer Rouge
                         │
                         ▼
              [ BAB EL-MANDEB / MER ROUGE ]
             (Nouveau front d'attaques Houthis)

Cette stratégie de la « tenaille maritime » met sous pression les approvisionnements mondiaux :

  • Marché de l'énergie : Le prix du baril de pétrole a de nouveau franchi le seuil symbolique des 100 dollars, ravivant le spectre d'une inflation mondiale généralisée.
  • Assurances maritimes : Les primes de risque pour les navires transitant par le détroit de Bab el-Mandeb atteignent des sommets, entraînant un renchérissement du transport de marchandises entre l'Asie et l'Europe.

3. L'engrenage géopolitique : Washington, Riyad et Téhéran

Ce regain d'hostilités fait voler en éclats la trêve relative observée ces dernières années entre Riyad et Sanaa. Il s'inscrit surtout dans la confrontation plus large qui oppose les États-Unis et l'Iran.

Acteur Positionnement & Enjeux
Houthis (Ansar Allah) Agissent en mandataires de l'« Axe de la Résistance » tout en réaffirmant leurs propres revendications locales sur le blocus du Yémen.
Arabie saoudite Prise en étau : contrainte de riposter militairement tout en cherchant à éviter de faire sombrer ses projets de diversification économique dans une guerre régionale totale.
États-Unis La Maison-Blanche a fermement averti que l'Iran serait tenu directement responsable des agissements de ses proxys, menaçant de répliques militaires de grande ampleur.
Iran Joue la carte de la dissuasion asymétrique, dénonçant la présence militaire américaine et appelant formellement au dialogue tout en maintenant la pression sur le transport maritime.

4. Une diplomatie au point mort

Alors que la communauté internationale et l'ONU multiplient les appels à la désescalade pour éviter que la région ne bascule définitivement, les canaux de négociation directe peinent à porter leurs fruits. Le risque d'un embrasement régional incontrôlé — touchant simultanément le Golfe arabo-persique, le Yémen et la mer Rouge — n'a rarement été aussi critique.

mercredi 8 juillet 2026

Rupture France - Burkina Faso : Le divorce est consommé, l'ère de la réciprocité a sonné

 

Capitaine Ibrahim Traoré, Président du Burkina Faso

🔴 ALERTE SAHEL : L’histoire s'accélère au Sahel, et les derniers vestiges de l’influence diplomatique française sont en train de s'effondrer un à un.

Le ministère français des Affaires étrangères a confirmé une information majeure : tous les diplomates français en poste au Burkina Faso ont définitivement quitté le pays. En guise de réplique, Paris a sommé le personnel diplomatique burkinabè de quitter le territoire français sous sept jours, invoquant un "esprit de réciprocité".

Ce départ croisé des diplomates est l’acte final d’un divorce politique majeur, officialisé après que Ouagadougou a annoncé la rupture pure et simple de ses relations diplomatiques avec la France, accusant Paris d'un « activisme incessant » contre ses intérêts.

La fin du paternalisme, place à la souveraineté brute

Pendant des décennies, les crises politiques entre Paris et ses anciennes colonies se réglaient à huis clos. Cette époque est officiellement révolue. En chassant les diplomates français, le gouvernement de transition mené par le capitaine Ibrahim Traoré applique une doctrine claire : la souveraineté totale, sans compromis.

Pour Ouagadougou, la présence diplomatique française n'était plus perçue comme un canal de coopération, mais comme un outil d'ingérence. En actant cette rupture historique, le Burkina Faso montre qu'il n'a plus peur de l'isolement international promis par les puissances occidentales.

Le piège de la "réciprocité" pour Paris

Face à cette gifle diplomatique, la France a réagi en appliquant la loi du talion. Mais cette rhétorique peine à masquer une réalité beaucoup plus amère : Paris ne fait que subir et acter les décisions prises à Ouagadougou.

Cette expulsion est une réaction d'orgueil qui confirme l'impasse stratégique de la France en Afrique de l'Ouest. Après avoir été poussée vers la sortie au Mali et au Niger, la France perd son troisième ancrage majeur au sein de l'Alliance des États du Sahel (AES).

Une recomposition géopolitique irréversible

Le départ des diplomates marque une bascule psychologique et géopolitique profonde :

  • L'émancipation du bloc sahélien : La rupture est désormais globale. Elle a commencé par le départ des troupes militaires, s'est poursuivie par la suspension des médias d'État français, et s'achève par la fermeture des ambassades.

  • Le choix de nouveaux partenaires : Le Burkina Faso libère son espace diplomatique pour consolider ses alliances avec des puissances alternatives (Russie, Chine, Iran, Turquie), jugées plus respectueuses de sa souveraineté.

  • Le message envoyé au reste du continent : Ouagadougou prouve aux yeux de toute l'Afrique qu'il est possible de dire "non" de manière définitive à une puissance tutélaire.

🌐 Ce divorce marque-t-il le point de non-retour définitif pour l'influence française en Afrique de l'Ouest, et comment l'AES s'organise-t-elle pour faire face à ce nouveau bloc géopolitique ?