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mercredi 23 octobre 2019

Cameroun : Le Grand Dialogue National face au piège de l'ingérence et de la logique du chaos

Image du Grand Dialogue National du Cameroun

🇨🇲 ANALYSE CAMEROUN : La tenue du Grand Dialogue National (GDN) a marqué un tournant majeur pour les partisans d'une solution interne à la crise sociopolitique camerounaise.

Organisé sous la présidence du Premier ministre Joseph Dion Ngute, et initié par le président Paul Biya, le GDN a permis de lever le tabou autour du fédéralisme et de formuler des recommandations clés pour l'avenir du pays. Pourtant, malgré la mise en avant de la décentralisation et du statut spécial inscrits dans l'article 62 de la Constitution, des puissances étrangères continuent de réclamer un nouveau dialogue inclusif sous médiation internationale.

Une insistance diplomatique qui interroge sur les véritables intérêts de la communauté internationale dans la crise qui secoue le Nord-Ouest et le Sud-Ouest (NOSO).

Le spectre du "Marcoussis ivoirien" et la stratégie de l'horreur

Pour plusieurs observateurs, certains officiels des États-Unis et de l’Union européenne tentent d'imposer au Cameroun un schéma similaire aux accords de Marcoussis en Côte d'Ivoire : installer un face-à-face permanent entre l'exécutif et les groupes armés pour imposer un partage des postes de souveraineté.

Cette guerre des récits se traduit sur le terrain par une recrudescence de la violence terroriste. Le meurtre barbare de la gardienne de prison Florence Ayafor par les séparatistes, survenu au lendemain du dialogue, apparaît comme une tentative claire de saboter l'accalmie et de prouver à l'international l'inutilité des discussions de Yaoundé. Confrontés à un essoufflement stratégique, les séparatistes et leurs financiers extérieurs semblent n'avoir plus que l'horreur comme argument.

Derrière la crise humanitaire, la guerre des ressources

La logique du chaos lent qui frappe le Cameroun dépasse la simple question des droits de la minorité anglophone. En réalité, les ambitions des parrains internationaux des sécessionnistes ciblent des enjeux géopolitiques et économiques majeurs :

  • L'accès exclusif aux riches ressources du sous-sol du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

  • Le contrôle de vastes terres arables et des sources d'eau douce.

  • La création d'une zone d'influence stratégique au cœur du golfe de Guinée.

Le projet d'autonomie brandi par les groupes armés sert de vitrine à un projet d'exploitation économique bien plus vaste, où le bien-être des populations locales reste le cadet des soucis des financiers de la guerre.

Quand les origines nationales brisent les identités coloniales

L'un des obstacles majeurs au projet séparatiste de l'« Ambazonie » est d'ordre anthropologique et identitaire. Les autorités traditionnelles du Sud-Ouest ont fermement rejeté l'idée d'un État unifié avec le Nord-Ouest.

Cette fracture rappelle que le Sud-Ouest partage une identité culturelle Sawa, tandis que le Nord-Ouest est ancré dans la culture Grassfield. En réaffirmant leur appartenance à la République du Cameroun, ces chefs traditionnels font prévaloir les origines sociologiques africaines sur les frontières et les identités héritées de la colonisation britannique et française. La crise camerounaise révèle ainsi des ambitions de pouvoir démesurées, prêtes à pactiser avec l'étranger pour fragiliser l'unité de la mère patrie.

🌐 Le statut spécial accordé aux régions anglophones est-il suffisant pour désamorcer définitivement le complot international visant le découpage du Cameroun ?

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